Pour rester fidèle à la tradition, Hainaut Développement a le plaisir de vous présenter sa brochure « Le Hainaut en cartes et en chiffres », qui vous plonge au cœur du territoire hainuyer. Cette brochure offre une exploration des dynamiques et des enjeux socio-économiques du Hainaut à travers des cartes, des tableaux, des graphiques et des commentaires basés sur les données les plus récentes.
Cette brochure est disponible gratuitement sur simple demande (hainaut.stat@hainaut.be) ou sur le site suivant:
Vous trouverez ci-dessous un aperçu des principales observations socio-économiques.

Au 1er janvier 2026, le Hainaut compte 1 368 562 habitants et demeure la province la plus peuplée de Wallonie. L’urbanisation reste fortement marquée par l’ancien axe industriel Mons–La Louvière–Charleroi, tandis que le nord et le sud conservent un caractère plus rural.
[1] Note : Les données de population ont été mises à jour suite à la publication par Statbel des chiffres au 1er janvier 2026 (le 10 juin 2026), après l’impression de la brochure. Le communiqué et le dossier de presse ont été actualisés, ce qui explique l’écart avec les données au 1er janvier 2025 figurant dans la brochure.

La croissance démographique du Hainaut reste positive, mais moins soutenue qu’en Wallonie ou en Belgique. Depuis 2012, le solde naturel est négatif, alors que le solde migratoire demeure positif. Dans les prochaines années, la croissance devrait ralentir en raison de l’effet combiné de la baisse de la natalité et de l’arrivée progressive des « baby-boomers » à des âges de forte mortalité. Toutefois, le Hainaut pourrait devenir plus attractif que le reste de la Wallonie avec une projection de + 2,2 % de sa population entre 2025 et 2045 contre 1,6 % pour la Wallonie.

Toutes les communes ne connaissent pas la même évolution. Les communes rurales et périurbaines du nord et du sud du sillon industriel gagnent des habitants grâce à leur cadre de vie, leur plus grande offre foncière et à leur proximité aux pôles d’emploi tandis que certaines communes frontalières plus isolées continuent de perdre de la population.

La croissance démographique est désormais principalement portée par les plus de 65 ans. Les moins de 20 ans sont en recul continu depuis 2017, tandis que la population de 20 à 64 ans est en recul de 2014 à 2021 et en 2024 avec une croissance quasi nulle pour les années 2022, 2023 et 2025. L’indice de vieillissement pourrait dépasser 100 dès 2030, signifiant que les seniors seraient alors plus nombreux que les jeunes.
Ce constat représente l’un des principaux défis pour le financement du système social, notamment en ce qui concerne le maintien des pensions, dans un contexte de diminution de la population active.

Le prix médian des maisons 2, 3 et 4 façades atteint 190 000 € en 2025, un niveau encore inférieur aux moyennes wallonne et belge. Mais les écarts entre communes se creusent fortement: certaines communes périurbaines dépassent les 300 000 €, tandis que d’autres restent sous les 130 000 €. Le niveau de vie, combiné à une croissance du nombre de ménages plus rapide que celle de la population, contribue à accentuer les disparités immobilières observées sur le territoire.

Le revenu médian en Hainaut reste inférieur aux moyennes wallonne et belge. Les revenus les plus faibles se concentrent dans l’ancien sillon industriel et le Borinage, alors que les communes périurbaines plutôt situées au nord sont plus aisées.
Toutefois, ces communes plus aisées présentent également des inégalités de revenu plus importantes au sein de leur territoire.

Plusieurs facteurs structurels permettent d’expliquer cette situation. Le Hainaut se classe ainsi en dernière position parmi les provinces belges en matière de densité entrepreneuriale, de croissance du nombre d’entreprises et de productivité horaire des travailleurs salariés. Son effort en recherche et développement reste également limité: la part du PIB consacrée à la R&D y est près de dix fois inférieure à celle observée dans le Brabant wallon. Enfin, la province affiche une plus faible présence d’emplois salariés dans les secteurs de haute technologie et à forte intensité de connaissances, ce qui limite sa capacité à générer de la valeur ajoutée et à renforcer sa compétitivité.

L’économie hainuyère poursuit sa tertiarisation: le tertiaire marchand et non marchand représente désormais près de 80 % de l’activité économique. L’industrie reste toutefois un pilier important, notamment dans l’agroalimentaire, la chimie et la métallurgie, secteurs davantage représentés en Hainaut. Néanmoins, les industries à plus forte intensité d’innovation, comme la pharmacie ou les technologies de l’information, sont moins représentées.

Le taux d’emploi (mesurant la part des habitants en situation d’emploi) et le ratio d’emploi intérieur (mesurant la part des emplois localisés sur le territoire) en Hainaut restent inférieurs aux moyennes wallonne et belge. Plus de la moitié des emplois de la province se concentrent dans six grandes communes: Charleroi, Mons, Tournai, La Louvière, Mouscron et Ath. Toutefois, certaines communes de plus petite taille se distinguent par une forte spécialisation industrielle.
Les communes résidentielles et périurbaines comptent généralement une forte proportion d’actifs occupés parmi leurs habitants, mais concentrent peu d’emplois sur leur territoire, contrairement aux grandes villes, qui regroupent davantage d’activités économiques. Ainsi, les communes les plus aisées ne sont pas nécessairement celles qui génèrent le plus d’emplois locaux ni celles qui contribuent le plus à la création de valeur ajoutée en Hainaut.

Au 4ème trimestre 2025, le Hainaut comptait 444 543 emplois salariés, en léger recul de 0,3 % par rapport à 2024 (-1 527 emplois), principalement dans l’industrie, les services administratifs et la santé humaine.
En parallèle, le nombre de demandeurs d’emploi inoccupés a augmenté de 9,6 % pour atteindre 104 079 personnes. Cette hausse a concerné toutes les catégories de demandeurs, à l’exception des jeunes en stage d’insertion.
Enfin, les offres d’emploi diffusées par le FOREM pour les entreprises hainuyères ont chuté de 32,7 %, passant de 45 247 à 30 463, avec des baisses particulièrement marquées dans l’administration publique, la santé et les services de soutien.

Avec 15,1 % de son territoire artificialisé, le Hainaut dépasse la moyenne wallonne. Après un ralentissement, le rythme d’artificialisation repart légèrement à la hausse depuis 2020, surtout dans les communes rurales attractives. La rénovation du bâti existant et la reconversion des friches industrielles davantage représentées en Hainaut apparaissent comme des leviers essentiels pour atteindre l’objectif européen de « zéro artificialisation nette » d’ici 2050.