Les déplacements domicile-travail en Hainaut : entre ancrage local et attractivité des pôles d’emploi

Les déplacements domicile-travail en Hainaut : entre ancrage local et attractivité des pôles d’emploi

La mobilité domicile-travail constitue un indicateur essentiel pour comprendre les relations entre les territoires de résidence et les pôles d’emploi. En Hainaut, cela témoigne d’un équilibre entre un fort ancrage local des travailleurs et l’importance des échanges avec les territoires voisins, notamment l’attractivité du pôle bruxellois et l’importance des travailleurs français sur le territoire.

En 2024, le Hainaut compte 515 658 actifs occupés résidents. Parmi ceux-ci, 71,6 % travaillent au sein de la Province, témoignant d’un relatif ancrage territorial du marché de l’emploi hainuyer.

Les 28,4 % de travailleurs sortants exercent principalement leur activité en dehors de la province. La majorité d’entre eux se dirigent vers :

  • la Région bruxelloise (32,9 %) ;
  • le Brabant wallon (20,5 %) ;
  • la province de Namur (10,5 %).

Ces flux traduisent l’attractivité des grands pôles d’emploi voisins, en particulier ceux situés dans l’aire métropolitaine bruxelloise.

À l’inverse, parmi les 443 987 travailleurs actifs en Hainaut, 83,2 % résident dans la province.

Les 16,8 % de travailleurs entrants proviennent principalement :

  • de France (31,2 %) ;
  • de la province de Namur (29,4 %) ;
  • du Brabant wallon (9,8 %).

La proximité transfrontalière et les liens historiques avec les territoires voisins expliquent une partie importante de ces échanges.

À l’échelle communale, la mobilité entrante, c’est-à-dire la proportion de travailleurs qui résident dans une autre commune que celle où ils travaillent, atteint en moyenne 61,4 % en Hainaut.

Cette proportion reste inférieure aux moyennes :

  • de la Wallonie (63,5 %) ;
  • de la Belgique (64,3 %).

La mobilité sortante, qui correspond à la proportion d’actifs résidents quittant leur commune pour travailler ailleurs, atteint quant à elle 66,6 %.

Elle est également légèrement inférieure :

  • à la moyenne wallonne (68,2 %) ;
  • mais supérieure à la moyenne belge (65,6 %).

Les travailleurs hainuyers apparaissent donc globalement davantage attachés à leur territoire de résidence qu’à d’autres régions, même si les échanges entre communes restent importants.

Les différences communales illustrent les contrastes entre territoires résidentiels et territoires d’emploi.

Les communes périurbaines situées à proximité directe des grands pôles économiques présentent généralement une mobilité sortante plus importante. Les habitants y quittent davantage leur commune pour rejoindre leur lieu de travail.

C’est notamment le cas de :

  • Farciennes (84,7 %) ;
  • Colfontaine (84,3 %) ;
  • Pont-à-Celles (82,7 %).

À l’inverse, les communes concentrant davantage d’emplois accueillent proportionnellement plus de travailleurs provenant d’autres territoires.

Les taux de mobilité entrante les plus élevés s’observent notamment à :

  • Seneffe (82,8 %) ;
  • Fleurus (80,9 %) ;
  • Montigny-le-Tilleul (79,8 %).

Ces communes disposent d’un tissu économique générant des besoins en main-d’œuvre qui dépassent les ressources locales.

Le ratio d’autonomie d’emploi mesure la proportion de travailleurs résidents parmi les personnes travaillant dans une commune. Plus cet indicateur est élevé, plus la commune parvient à répondre localement aux besoins de ses actifs occupés.

Cet indicateur est généralement plus élevé dans les communes rurales et agricoles, davantage éloignées des grands pôles d’emploi.

Parmi les communes affichant les ratios les plus élevés :

  • Ellezelles (71,3 %) ;
  • Lens (66,0 %) ;
  • Mont-de-l’Enclus (64,1 %).

Dans ces territoires, les habitants quittent moins fréquemment leur commune pour travailler.

À l’inverse, le ratio d’attractivité compare le nombre d’emplois proposés sur un territoire au nombre d’actifs occupés qui y résident.

Lorsqu’il dépasse 1, la commune offre davantage d’emplois qu’elle ne compte d’actifs occupés résidents. Ces territoires jouent alors un rôle de pôle d’emploi pour leur environnement.

Les ratios les plus élevés se retrouvent principalement dans les communes urbaines du sillon industriel ou accueillant des activités économiques spécifiques :

  • Seneffe (1,44) ;
  • Mons (1,39) ;
  • Charleroi (1,32).

Ces résultats illustrent la concentration historique des activités économiques et industrielles dans certains territoires du Hainaut.

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