Au 1er janvier 2026, le Hainaut compte 667 157 logements. Par rapport à la Wallonie, son parc se distingue par une ancienneté plus marquée, davantage de logements dans des maisons mitoyennes et une moindre présence des appartements. Les prix d’achat restent plus bas, mais les besoins potentiels de rénovation posent la question du coût global du logement et du risque de précarité énergétique.
169 000 €
Prix médian des maisons 2-3 façades
2025
59,4 %
Bâtiments résidentiels construits avant 1946
1er janvier 2026
56,4 %
Part des certificats PEB classés E, F ou G
2026
Dans cet article
Un parc résidentiel plus ancien que la moyenne wallonne
En Hainaut, 321 006 des 540 308 bâtiments des principales catégories résidentielles ont été construits avant 1946. Leur proportion atteint 59,4 %, contre 50,2 % en Wallonie, soit un écart de 9,2 points. À l’autre extrémité, les bâtiments construits après 1981 représentent 17,1 % de ce parc, contre 22,6 % au niveau régional.
La situation varie fortement au sein de la province. La part construite avant 1946 atteint 71,8 % à Erquelinnes, 70,8 % à Momignies et 70,2 % à Charleroi. Elle s’établit à 35,1 % à Gerpinnes, 37,0 % à Ham-sur-Heure-Nalinnes et 37,9 % à Enghien, communes davantage périurbaines. L’ancienneté concerne ainsi des territoires urbains comme ruraux.
Cette caractéristique éclaire les besoins potentiels de rénovation, sans déterminer à elle seule la performance actuelle. Un bâtiment ancien peut avoir été rénové ; son année de construction ne renseigne pas sur les travaux réalisés depuis.

Un habitat plus mitoyen et une progression plus forte des appartements
Les maisons deux ou trois façades occupent une place dominante
En 2026, 57,6 % des logements hainuyers sont enregistrés dans des maisons mitoyennes (2 ou 3 façades), contre 46,7 % en Wallonie. Les logements dans des maisons de type 4 façades ou plus représentent 22,8 % du parc, contre 29,2 % au niveau régional. Les appartements sont également moins présents : 15,9 %, contre 19,4 %.
| Logements selon le type (2026) | Hainaut | Wallonie |
|---|---|---|
| Maisons deux ou trois façades | 57,6 % | 46,7 % |
| Maisons quatre façades ou plus | 22,8 % | 29,2 % |
| Appartements | 15,9 % | 19,4 % |
| Autres catégories | 3,7 % | 4,6 % |
Les maisons mitoyennes sont plus présentes dans les communes fortement urbanisées du sillon industriel (La Louvière, Charleroi), du borinage ou encore de Mouscron ou Comines-Warneton.
Les appartements connaissent une forte hausse
Entre 2017 et 2026, le Hainaut gagne 38 428 logements, soit une hausse de 6,1 %, contre 8,1 % en Wallonie. Les logements dans les immeubles à appartements passent de 78 696 à 105 789, en progression de 34,4 %. Leur poids dans les logements passe de 12,5 % à 15,9 %.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte de transformation de la structure des ménages, marquée par une diminution de leur taille moyenne et une progression des ménages isolés. Elle s’explique également par la raréfaction de l’offre foncière disponible, qui peut favoriser le développement de formes d’habitat plus denses, notamment les immeubles à appartements.
La croissance du parc de logements suit globalement celle du nombre de ménages. Ainsi, les communes bénéficiant d’une plus forte attractivité résidentielle enregistrent généralement une augmentation plus importante de leur nombre de logements, traduisant une adaptation progressive de l’offre aux dynamiques démographiques locales.


Des performances énergétiques moins favorables et contrastées selon les communes
Une part plus élevée de certificats E, F ou G
La base PEB des bâtiments résidentiels existants comprend 313 807 enregistrements hainuyers. La part des certificats E,F et G atteint 56,4 %, contre 51,9 % dans l’ensemble de la base wallonne, soit un écart de 4,5 points. Ce résultat décrit les certificats présents dans la base, et non l’ensemble des logements de la province.
| Part des certificats E, F ou G | Hainaut | Wallonie |
|---|---|---|
| Tous types de logement | 56,4 % | 51,9 % |
| Maisons unifamiliales | 65,6 % | 62,3 % |
| Appartements | 33,7 % | 32,2 % |
L’écart avec la Wallonie demeure lorsqu’on distingue maisons et appartements. Les différences de composition entre ces deux catégories ne suffisent donc pas à expliquer toute l’écart provincial. L’âge des biens, leurs équipements et leur histoire de rénovation peuvent également intervenir.
Des performances énergétiques moindres dans les communes rurales frontalières
La part des certificats E, F ou G atteint 63,6 % dans l’arrondissement de Thuin, contre 49,7 % dans celui de Tournai-Mouscron. À l’échelle communale, Enghien (39,2 %), Comines-Warneton (41,9 %) et Mouscron (42,1 %) ont la proportion la plus faible de certificats E,F ou G.
Les proportions les plus élevées sont observées à Honnelles (76,0 %), Erquelinnes (72,2 %) et Brunehaut (72,1 %). De manière générale, les communes rurales situées en périphérie de la province, notamment dans la Botte du Hainaut et les Hauts-Pays, présentent des proportions plus importantes. Cette tendance s’observe tant pour les maisons que pour les appartements.

Les certificats récents présentent un profil plus favorable
Dans la base, 61,5 % des certificats hainuyers datés de 2015 relèvent des classes E, F ou G, contre 36,5 % de ceux datés de 2025. La diminution atteint 25,0 points. En Wallonie, les proportions passent de 57,1 % à 33,8 %, soit une diminution de 23,3 points.
Cette comparaison porte sur des groupes de logements différents. Elle ne mesure pas une amélioration de même ampleur de l’ensemble du parc : la composition des logements certifiés, les transactions et le renouvellement des certificats peuvent influencer le résultat. La base rassemble des certificats anciens et récents, sans filtre de validité à la date de publication.
Pour les ménages, un logement peu performant peut accroître les besoins énergétiques. Le risque de difficulté d’obtention d’un PEB favorable dépend cependant aussi de leurs revenus, des prix de l’énergie et de leur capacité à financer des travaux.
Des prix immobiliers plus bas qu’en Wallonie mais une forte hausse en dix ans
Un avantage de prix qui varie selon le type de bien
En 2025, une maison deux ou trois façades se vend à un prix médian de 169 000 euros en Hainaut, contre 198 000 euros en Wallonie. Le montant hainuyer est inférieur de 14,6 %. L’écart atteint 8,6 % pour les maisons quatre façades ou plus et 15,8 % pour les appartements.
| Type de bien (2025) | Hainaut | Wallonie |
|---|---|---|
| Maisons deux ou trois façades | 169 000 € | 198 000 € |
| Maisons quatre façades ou plus | 297 000 € | 325 000 € |
| Appartements | 160 000 € | 190 000 € |
Une hausse légèrement moins forte qu’au niveau régional
De 2015 à 2025, le prix médian des maisons deux ou trois façades passe de 116 000 à 169 000 euros en Hainaut, soit +45,7 %. En Wallonie, il passe de 130 000 à 198 000 euros, soit +52,3 %. Le marché hainuyer demeure moins cher, avec une hausse moins rapide sur cette période.
Le même constat se retrouve pour les maisons quatre façades ou plus : +44,9 % en Hainaut, contre +49,8 % en Wallonie. Pour les appartements, les hausses atteignent respectivement 33,3 % et 41,1 %. Ces évolutions sont exprimées en euros courants et reflètent aussi les caractéristiques des biens vendus chaque année.

Des écarts importants au sein de la province
Pour les maisons deux ou trois façades, le prix médian atteint 114 000 euros à Quiévrain et 125 000 euros à Colfontaine, contre 250 000 euros à Braine-le-Comte et 260 000 euros à Enghien. La province rassemble ainsi des marchés immobiliers très différents.
Ces disparités de prix s’observent également pour les autres types de biens immobiliers. Pour les maisons quatre façades ou plus, les prix médians s’échelonnent de 84 250 € à Froidchapelle à 430 000 € à Enghien. Concernant les appartements, ils varient de 121 500 € à Fontaine-l’Évêque à 230 000 € à Enghien. Il convient toutefois de souligner qu’en raison des règles relatives au secret statistique, les prix de vente des appartements ne sont pas disponibles pour 45 des 69 communes hainuyères en 2025.
De manière générale, les prix immobiliers sont plus élevés dans le nord de la province, où la pression résidentielle est davantage marquée. Cette situation s’explique notamment par l’attractivité de ces territoires auprès de nouveaux habitants disposant d’un pouvoir d’achat plus élevé, en provenance du Brabant wallon ou de la périphérie bruxelloise. Dans ces territoires voisins, la hausse des prix immobiliers et la raréfaction de l’offre foncière contribuent à un report de la demande résidentielle vers certaines communes du Hainaut, accentuant ainsi les disparités territoriales au sein de la province.
Le prix d’achat ne résume toutefois pas le coût d’habiter. Des dépenses de chauffage ou des travaux peuvent réduire l’avantage initial d’un bien moins cher. Les données ne relient pas chaque transaction à son certificat PEB : elles ne permettent donc ni d’attribuer les écarts de prix à la performance énergétique, ni d’estimer un coût de rénovation.

Un recul des permis de bâtir depuis 2021
En 2025, les permis délivrés autorisent 1 480 bâtiments dans de nouvelles constructions résidentielles en Hainaut, contre 2 266 en 2021. Le recul atteint 34,7 %.
Pour la rénovation, les autorisations concernent 2 228 bâtiments résidentiels en Hainaut en 2025, contre 3 520 en 2021, soit une baisse de 36,7 %.
Entre 2021 et 2025, le nombre de permis de bâtir délivrés pour des bâtiments résidentiels a donc diminué de 35,9 %.
La diminution du nombre de permis de bâtir depuis 2021 s’explique principalement par un contexte économique moins favorable. L’année 2021 avait été marquée par un effet de rattrapage des projets immobiliers reportés durant la crise sanitaire, entraînant un niveau particulièrement élevé d’autorisations. À partir de 2022, la forte augmentation des prix des matériaux, de l’énergie et de la main-d’œuvre, combinée à la remontée des taux d’intérêt hypothécaires, a progressivement freiné les investissements immobiliers et réduit la capacité de financement des ménages. Ce ralentissement ne concerne pas uniquement les nouvelles constructions : les projets de rénovation sont également affectés par la hausse des coûts des travaux, ce qui contribue à expliquer l’absence de report significatif de la construction neuve vers la rénovation.

Les autorisations ne garantissent pas la réalisation des travaux. Toutes les rénovations énergétiques ne nécessitent pas non plus un permis. Ces séries éclairent la dynamique de transformation, sans constituer un suivi exhaustif de la rénovation énergétique.
Le Hainaut partage ainsi le défi wallon de l’amélioration du logement, avec un parc plus ancien, plus mitoyen et moins composé d’appartements. Les prix plus faibles ne suffisent pas à garantir l’accessibilité du coût global du logement. Pour cibler les situations de précarité énergétique, cette lecture du bâti doit être rapprochée des ressources et des conditions de vie des occupants.
Sources et périmètre des données
Bâtiments et logements : deux notions à distinguer
Les données relatives au parc immobilier proviennent de la statistique cadastrale du parc de bâtiments de Statbel, établie à partir des informations de l’Administration générale de la Documentation patrimoniale (SPF Finances).
Les données les plus récentes décrivent la situation au 1er janvier 2026.
Il convient de distinguer deux notions :
- Un bâtiment correspond à une construction répertoriée dans les données cadastrales, quelle que soit sa destination.
- Un logement constitue une unité destinée à l’habitation. Un même bâtiment peut comprendre plusieurs logements, notamment dans les immeubles à appartements ou les bâtiments subdivisés.
Les statistiques cadastrales distinguent plusieurs catégories de bâtiments :
- R1 : maisons de type fermé (deux façades) ;
- R2 : maisons de type demi-fermé (trois façades) ;
- R3 : maisons de type ouvert (quatre façades), fermes et châteaux ;
- R4 : buildings et immeubles à appartements.
Dans cet article, les données relatives à l’ancienneté des bâtiments portent sur les quatre catégories R1 à R4. Elles permettent d’apprécier la structure du parc selon les périodes de construction, mais ne renseignent pas directement sur son état de conservation ou sur les rénovations réalisées depuis sa construction.
Les certificats PEB : une mesure théorique de la performance énergétique
Les données relatives à la performance énergétique proviennent du Service public de Wallonie (SPW), via le portail Open Data Wallonie-Bruxelles (ODWB).
Elles concernent les bâtiments résidentiels existants et reposent sur une base de 874 605 enregistrements de certificats PEB à l’échelle wallonne. Les dates de certification s’étendent du 28 mai 2010 au 18 juin 2026.
Le certificat PEB évalue la performance énergétique d’un logement selon une méthode de calcul standardisée. Celle-ci tient notamment compte de son isolation, de ses installations techniques et de sa consommation théorique d’énergie primaire. Le résultat est exprimé à travers un label énergétique, allant de A++ à G, et un indicateur de consommation spécifique en kWh/m².an.
Plusieurs précautions doivent toutefois être prises dans l’interprétation de ces données.
Tout d’abord, les logements disposant d’un certificat PEB ne sont pas représentatifs de l’ensemble du parc résidentiel. La certification étant notamment obligatoire lors de la mise en vente ou en location d’un bien, certains logements sont davantage susceptibles de figurer dans la base.
Ensuite, les résultats présentés sont calculés sur l’ensemble des enregistrements disponibles, sans application d’un filtre de validité des certificats. La base peut ainsi comprendre des certificats anciens, expirés ou remplacés, et plusieurs enregistrements susceptibles de concerner un même logement.
Les comparaisons entre années portent sur l’année de délivrance du certificat. Elles confrontent donc des groupes de logements différents et ne permettent pas de mesurer directement l’amélioration énergétique d’un même parc au fil du temps.
Enfin, la consommation énergétique indiquée par le PEB est théorique, calculée selon des conditions standardisées. Elle ne correspond pas nécessairement à la consommation réelle des occupants ni au montant de leurs factures énergétiques.
Prix immobiliers : des valeurs médianes calculées sur les transactions
Les données relatives aux prix immobiliers proviennent de Statbel, sur la base des actes de vente enregistrés auprès de l’Administration générale de la Documentation patrimoniale.
Les données présentées concernent l’ensemble de l’année 2025, dernière année complète retenue dans cet article.
Trois catégories de biens sont distinguées : les maisons à deux ou trois façades, les maisons à quatre façades ou plus et les appartements.
Les prix sont exprimés en valeurs médianes. Contrairement au prix moyen, le prix médian partage les transactions en deux groupes : la moitié des biens a été vendue à un prix inférieur ou égal à cette valeur, et l’autre moitié à un prix supérieur ou égal.
Cette mesure limite l’influence des transactions exceptionnellement élevées ou faibles. Elle reste néanmoins sensible aux caractéristiques des biens vendus, notamment leur superficie, leur localisation et leur état.
Pour préserver le secret statistique et garantir une représentativité minimale, Statbel ne publie les prix médians qu’à partir de 16 transactions disposant d’un prix valable. Cette règle limite les comparaisons communales, particulièrement pour les appartements.
Permis de bâtir : des autorisations qui ne correspondent pas aux constructions réalisées
Les statistiques relatives aux permis de bâtir proviennent également de Statbel. Elles portent sur les autorisations accordées pour la construction de nouveaux bâtiments, la rénovation de bâtiments existants et certains travaux de démolition.
Les données retenues dans cet article couvrent les années complètes jusqu’en 2025.
Il est important de préciser qu’un permis de bâtir constitue une autorisation administrative et ne signifie pas nécessairement que les travaux ont été entrepris ou achevés au cours de l’année concernée. Un décalage peut donc exister entre l’octroi du permis, le démarrage du chantier et l’achèvement des logements.
Les rénovations ne nécessitant pas de permis d’urbanisme ne sont pas reprises dans cette statistique. Le nombre d’autorisations de rénovation ne permet donc pas de mesurer l’ensemble des travaux réalisés dans le parc résidentiel.